Il me semble que ça fait un bout qu’un jeu ne m’a pas terrifié. Et là, je ne parle pas d’un de ces petits ratoureux qui se cache dans l’obscurité jusqu’à mon passage et hurle à tue-tête à 1 nanomètre de mes globes oculaires. Je parle ici de la vraie frayeur, ce sentiment opprimant qui étend ses froides tentacules autour de mon cerveau, qui monte en intensité jusqu’à un point ou continuer à jouer devient une impossibilité. Le sentiment qui vous suit même après l’arrêt du jeu, après que les sous-vêtements aient été changés et que la trace de frein au plafond a été nettoyée. Le sentiment qui vous suit même des fois dans vos rêves. La vraie peur, quoi! Quand je parle à mes amis gamer, ils peuvent tous me nommer des moments dans leurs « carrières » qui ont marqués leurs shorts et leurs vies.

Si on me prend en exemple : le vieux jeu de NES « Uninvited » m’a vraiment fait vibrer le cuir chevelu. On incarne un malheureux qui a enroulé sa voiture autour d’un arbre avec sa sœur.

Celle-ci décide ensuite de disparaître dans le manoir hanté situé juste à côté de la fâcheuse collision. Elle pensait peut-être y trouver un ambulancier fantôme? Alors, il en revient à nous de nous aventurer dans la grosse maison qui craque et de secourir la pauvre demoiselle. C’est un jeu d’aventure format « pointe et clic » vu en première personne. Même au début du jeu, si on glande trop dans la voiture, celle-ci prend feu et c’est « Game-Over ». Déjà là ça part mal. (Lien musical ici, pour vous mettre dans l’ambiance.)

L’écran de « Game-Over » dans ce jeu est un gros crâne sanglant en graphiques 8-bit et une musique sinistre. À mon petit cerveau de jeunot, cette scène m’a terrifié au plus grand degré. Alors mon objectif primaire dans les tentatives qui suivent était d’éviter ce foutu crâne à la con! Si j’avais l’impression que la scène se dirigeait vers un autre meurtre de ma personne, je fermais le jeu! Paf! Dans ta face d’os, enfoiré! Avec le temps, j’ai gagné en courage et j’ai commencé à progresser dans l’aventure. Bien sûr, le jeu n’allait pas laisser cet acte de désobéissance passer sans rien dire. Je vous peint la scène : je suis maintenant dans un couloir au deuxième étage du manoir. Au loin, une femme habillée comme dans le début du 20e siècle avec un parasol me bloque le chemin. Elle reste là, immobile, de dos. Une musique plaisante joue dans l’arrière-plan.

Je reste là, perplexe, quelques instants. Pourquoi le changement soudain d’atmosphère? Ça sent le guet-apens. Peut-être si je la contourne… C’est à ce moment qu’elle se retourne et tend une main vers moi. La musique « Game-Over » démarre.

La dame n’avait pas de visage, une face squelettique, des orbites vides, la gueule grande ouverte. La description dit qu’elle me tourne en charpie. Encore une fois, pleins de terreur, j’éteins la console et vais me cacher sous les couvertures de mon lit. Je me rappelle encore, presque 20 ans plus tard, de cette scène, de ce jeu. Ça, mesdames et messieurs, c’est la peur. Pas le fait de nous faire sursauter sans arrêt. On finit par craindre le prochain saut et non le jeu/histoire/monstre/environnement lui-même.

Mais bon, j’étais jeune et les enfants sont facilement bousculés. Je regarde les images et j’écoute la musique maintenant et je n’explose plus en larme et en diarrhée(Je blague, c’était solide). Je ne m’attends pas à ce qu’un jeu illicite la même réponse chez moi maintenant, mais ceux qui sont vraiment terrifiants sont en petites quantités ces dernières années. Les derniers jeux qui m’ont rendu vraiment mal à l’aise : Silent Hill 2,3 et Amnesia : The Dark Descent. Ces jeux savent créer des atmosphères qui provoque en nous un malaise profond et une anxiété qui ne fait que s’intensifier à fur et à mesure qu’on avance dans la partie. C’est les seuls jeux que je connais qui me forcent à prendre des pauses pas pour reposer mes yeux, mais mes fesses, car je suis endolori à force de les serrer. Alors, chers lecteurs, à quand les prochains jeux vraiment terrifiants? Lequel vous a marqué de la même manière?